Hippo-THAU, projet-pilote
Hippo-THAU :

Connaître et faire connaître
les hippocampes du bassin de Thau

Hippo-THAU est un projet pilote d'étude des hippocampes de nos côtes, qui vise en particulier à valider des méthodes scientifiques s'appuyant sur la participation des amateurs, plongeurs, enfants des écoles... Un projet de science participative et citoyenne.


© Patrick Louisy/Peau-Bleue, Philippe Albert.


Hippo-THAU : le projet

Alors que les hippocampes se raréfient à l'échelle du globe, qu'ils sont surexploités pour la médecine chinoise, que leurs habitats souffrent de dégradations multiples, il est aujourd'hui important de sensibiliser le public à la préservation des hippocampes européens.

Mais les scientifiques ne savent pratiquement rien des hippocampes de nos côtes ! Il est donc aussi urgent de les étudier, d'estimer la fragilité de leurs populations, la vulnérabilité de leurs habitats.

Face à ce double constat, le projet-pilote Hippo-THAU combine les deux urgences : faire connaître les hippocampes, et apprendre à les connaître à la fois.

La lagune languedocienne de Thau est l'un des rares endroits en Europe où subsistent des populations conséquentes d'hippocampes. C'est donc un lieu privilégié pour mieux connaître et faire connaître ces poissons fascinants et fragiles, objectif auquel s'attache le projet Hippo-THAU. Un tel programme, qui intègre à la fois éducation, communication et études par ceux-là mêmes que l'on souhaite sensibiliser, est une première dans le monde marin.

Le projet-pilote Hippo-THAU s'intègre dans le cadre du programme national En Quête d'Hippocampes initié par l'association Peau-Bleue en 2005, et rejoint aujourd'hui par de nombreux partenaires.




L'Étang de Thau, la plus grande lagune du Languedoc, atteint une profondeur maximale d'une dizaine de mètres (© Patrick Louisy/Peau-Bleue).



Hippo-THAU : le principe

Où et comment vivent les hippocampes ? Combien sont-ils dans l'Étang de Thau ? En quoi témoignent-ils de la qualité du milieu ? Leur population est-elle fragile ? Voici quelques-unes des questions que se posent les scientifiques, mais aussi les usagers et gestionnaires du bassin de Thau. Pour eux également, il est important d'y répondre, ce que nous ferons grâce aux compétences propres à Peau-Bleue, mais surtout avec l'implication de tous.

Notre approche, fruit de l'expérience de l'association Peau-Bleue (voyages Bio Sous-Marine en particulier), consiste à impliquer directement certains « publics-cibles » dans la recherche d'informations, pour mieux les sensibiliser.

Nous nous adressons aux enfants des écoles, aux futurs professionnels de Thau ou aux plongeurs amateurs, non pas en leur délivrant un « message » (rarement en phase avec leurs préoccupations quotidiennes), mais en demandant leur aide : ils ne sont plus de simples récepteurs, ils prennent eux-mêmes en charge une part de l'étude des hippocampes, ils deviennent acteurs. Choisir cette approche, c'est leur faire confiance, c'est bien sûr aussi les accompagner, les soutenir dans leur démarche, pour au final leur offrir une vraie découverte personnelle, une expérience qui, souvent, transforme leur vision du monde qui nous entoure.



Toujours prêts à découvrir, curieux de comprendre, les enfants comme les plongeurs amateurs constituent un vivier de passion et d'énergie (© Patrick Louisy/Peau-Bleue).



Hippo-THAU : la méthode scientifique

Pour étudier l'abondance des hippocampes, les caractéristiques de leur milieu et leurs préférences de micro-habitat, a été développée la technique des transects Hippo-THAU.

Un transect, c'est une bande déterminée de fond marin sur laquelle on dénombre certains organismes et/ou l'on décrit certains paramètres du milieu. Les transects Hippo-THAU font une longueur de 20 m (déterminée à l'aide d'un double-décamètre) et une largeur de 2 m (1 m de chaque côté du double-décamètre).

Sur la bande ainsi définie, on recherche et dénombre dans un premier temps les hippocampes présents. Puis on mesure le long du double-décamètre l'extension des différents types de substrat ou de couverture biologique du fond. Par ailleurs, pour chaque hippocampe repéré, on note une série de paramètre de l'environnement immédiat permettant de décrire quantitativement son micro-habitat.

Réalisés en nombre suffisant, ces transects permettent donc de déterminer :
  • la densité des hippocampes dans les secteurs étudiés, aux périodes étudiées,
  • la relation entre la présence des hippocampes et les caractéristiques du milieu,
  • la façon dont ils se positionnent dans leur environnement (micro-habitat).

Par ailleurs, les transects réalisés pour les études Hippo-THAU fournissent aussi une estimation quantitative précise des différents milieux sous-marins dans les secteurs étudiés, et peuvent donc s'intégrer à d'autres études écologiques comme le suivi des herbiers de zostères, qui ont une grand importance écologique et patrimoniale.




Les transects Hippo-THAU : une technique scientifique d'échantillonnage visuel en plongée (© Patrick Louisy/Peau-Bleue).




Hippo-THAU : le rôle des plongeurs amateurs

Si vous êtes plongeur, vous pouvez contribuer au projet Hippo-THAU de deux manières.

- La manière simple :
Communiquez simplement les observations d'hippocampes réalisées lors de vos plongées dans l'Étang de Thau. Un formulaire spécifique de saisie en ligne est accessible en cliquant ici.

- L'approche scientifique :
Pour réaliser de façon fiable des transects Hippo-THAU, un minimum de formation et d'expérience est nécessaire. C'est le rôle des stages Hippo-THAU, qui se déroulent d'ordinaire sur deux jours.
Les plongeurs ayant obtenu la qualification de plongeur Hippo-THAU sont ensuite habilités à réaliser des transects Hippo-THAU en autonomie, dans le cadre d'un protocole défini collégialement avec l'ensemble des acteurs concernés ; une procédure de saisie des données en ligne est là aussi en cours de développement.
Pour être tenu au courant des actions et stages Hippo-THAU envoyez un courriel à bio.marine@wanadoo.fr


Ambiances lors des stages de formation des plongeurs Hippo-THAU (© Patrick Louisy/Peau-Bleue).



Hippo-THAU : enfants enquêteurs

Autre axe de travail prioritaire du projet Hippo-THAU, nous menons, avec les enfants des écoles, une enquête destinée à rassembler les connaissances et l'expérience des professionnels et riverains de l'Étang de Thau en une image synthétique.

Depuis des temps immémoriaux en effet, pêcheurs, conchyliculteurs et usagers de l'Étang de Thau accumulent observations et connaissances sur les hippocampes. Il y a là un savoir peut-être populaire, peut-être diffus, mais sans doute considérable. Un potentiel de connaissance qu'il ne faut en tout cas pas négliger, et qui s'avèrera certainement crucial pour décrire et comprendre la vie des hippocampes dans la lagune.

C'est pourquoi nous estimons important de rassembler et synthétiser ce savoir diffus. Cette démarche devrait apporter des connaissances d'ordre naturaliste et scientifique, mais aussi d'ordre historique et culturel. Elle devrait également susciter des hypothèses intéressantes permettant d'orienter plus efficacement les recherches scientifiques « de terrain » que nous entreprendrons.

La première étape de cette enquête Hippo-THAU s'appuie donc sur les enfants des écoles riveraines du bassin de Thau. Le programme a été engagé en 2006-2007 dans six classes de CM1 et CM2 (à Balaruc, Bouzigues, Loupian, Marseillan, Mèze et Sète) en partenariat avec les Galapians, association d'éducation à l'environnement. L'opération s'est étendue à d'autres établissements du bassin de Thau durant les années scolaires 2007-2008 et 2008-2009. Cette année devrait voir la conclusion de cette phase d'enquête en milieu scolaire, et la publication de ses résultats.

L'enquête Hippo-THAU pourra ensuite se développer dans d'autres axes. Le développement d'une interface de saisie en ligne est envisagé.



Les enfants de l'école Paul Bert de Sète : beaucoup de questions à poser au spécialiste de Peau-Bleue avant de mener l'enquête dans leur entourage (© Philippe Albert).


Dernière mise à jour : janvier 2008.